Sortir de Vancouver c’est emprunter la seule autoroute qui existe là-bas. On élargie mais on ne peut ajouter, montagnes d’un côté, océan de l’autre. Partout où nous circulons elles sont omniprésentes. De grosses collines (Hills) pas des montagnes, que diront les locaux. Les vrais sont plus à l’est, les Rocheuses, majestueuses.
À nouveau en route pour Langley cette fois avec le groupe, pour rencontrer le maître du Cohousing. Alan Carpenter fera une visite du lieu, un Atrium étrange qui accueille les devantures des maisonnettes (ou condos), des espaces communs qui servent différentes fonctions, celles que désirent les cohabitants des 33 unités d’habitation. Certaines feront face à un espace vert (terrains humides) où il était impossible de construire, de là le toit couvert car on a du rétrécir le format de l’édifice et ce faisant, on a décidé de créer un espace à l’intérieur pour circuler, faute de pouvoir le faire à l’extérieur. Le « common house » sert à toutes sortes d’activités; pendant que nous étions là, un cours de peinture avait lieu dans la salle à manger. La cuisine est équipée ‘commercial’, comme la majorité des cuisines des Cohabitats. Tout est rangé pour s’y retrouver facilement.
Après la tournée de l’endroit, on a eu droit à un ‘talk’ sur la sociocratie. Certains cohabitats l’adopte, d’autres préféreront le consensus. Selon ce que nous avons pu entendre, rien n’est tout noir ou tout blanc, on utilise parfois un peu des deux…Alan était allé nous chercher des sandwichs que nous avons dévorés (on mange quand on peut sur la route mais souvent nos hôtes nous feront des petites gâteries..). Le convoi s’est ensuite dirigé vers Yarrow où Suzan Clark nous attendait à Groundswell Cohousing, au Yarrow EcoVillage. Elle était avec une amie cohabitante et ensemble nous avons parcouru les lieux.
Il y a vingt-cinq ans, une partie s’est construite de façon plutôt improvisée, elle accueillait principalement ceux qui travaillaient sur la terre. Ils pouvaient y construire ce qu’ils voulaient, en autant que c’était ‘éco responsable’, de là cette architecture quelque peu éclectique. La deuxième partie s’est construire de façon plus organisée; ils sont partis de rien, un champs boueux et un architecte californien qui connaissait peu du climat canadien. L’histoire a été houleuse mais le résultat est qu’aujourd’hui près de 70 personnes y vivent paisiblement, du nouveau-né à l’ainé.
Le jour de notre visite, les champs étaient luxuriants, le mauvais temps s’était levé et nous profitions d’un soleil qui réchauffait les corps (pour nous, fraichement sortis d’un hiver trop long). Nos guides nous ont expliqué comment les espaces sont occupés; en bref, un cohabitant qui désire devenir maraîcher peut louer un champs et s’occuper de le faire fructifier. Une maman qui nous accompagnait nous parlait de ses pommiers biologiques avec beaucoup de fierté.
Les Cohabitants de Groundswell que nous avons rencontrés ce jour-là nous ont d’ailleurs témoigné de leur affection pour ce Cohousing, loin de la ville, en milieu rural. Tous étaient d’une sincérité très touchante.
Au retour à la ‘Common House’ un goûter nous attendait (gâterie appréciée…). Nous avons discuté longuement puis avons repris la route pour Vancouver. En soirée chacun a pris le temps de vaquer à ses occupations. Hélène et moi en avons profité pour échanger avec Liza Dixon de Little Mountain où nous logeons. Liza est une source intarissable d’histoire sur le Cohousing. Elle connait le concept par cœur pour l’avoir appliqué à plusieurs reprises; d’abord pour se loger (c’est elle qui a été au cœur des premiers balbutiements de Little Mountain). Son métier de courtière immobilière l’amène à rencontrer des gens qui s’intéressent de plus en plus au Cohousing.
Je suis reconnaissante de cette opportunité de plonger dans le monde fascinant du Cohousing, qui en Colombie Britannique a des leçons à donner à nous québécois qui voulons développer le concept.
Petit rappel : venez nous voir régulièrement sur www.villagevital.com, vous y trouverez des photos et des vidéos de Mission Vancouver et bientôt, des articles seront rédigés pour aider à mieux comprendre le phénomène grandissant du Cohousing.

